La quétiapine est un antipsychotique atypique qui agit sur de multiples récepteurs cérébraux, en particulier les récepteurs dopaminergiques D2 et sérotoninergiques 5-HT2A, mais aussi histaminiques H1 (responsables de la sédation) et alpha-1 adrénergiques (responsables de l'hypotension orthostatique). Cette action large explique son efficacité à la fois sur les symptômes psychotiques, maniaques et dépressifs, mais aussi son profil d'effets indésirables métaboliques et sédatifs marqués. La forme à libération prolongée (LP) permet une administration en une seule prise quotidienne avec une meilleure stabilité des concentrations plasmatiques.
Schizophrénie : dose initiale de 300 mg/jour, titrée progressivement jusqu'à une dose d'entretien de 400 à 800 mg/jour en une prise le soir. Épisodes maniaques : débuter à 300 mg le premier jour, puis augmenter jusqu'à 600 mg/jour selon la réponse et la tolérance. Épisodes dépressifs (bipolaires) : 50 mg le premier jour, 100 mg le 2ème jour, 200 mg le 3ème jour, 300 mg le 4ème jour, dose d'entretien habituelle de 300 mg/jour.
Indiqué à partir de 10 ans dans les épisodes maniaques bipolaires et à partir de 13 ans dans la schizophrénie, à dose de titration plus prudente et plus lente, sous stricte surveillance pédopsychiatrique spécialisée.
Personne âgée : débuter à une dose plus faible (50 mg/jour) avec une titration plus lente, en raison d'une clairance réduite et d'un risque accru d'hypotension orthostatique et de sédation.
Le comprimé à libération prolongée doit toujours être pris en une seule prise, de préférence le soir, sans être fractionné, écrasé ou mâché.
Voie orale, comprimé à libération prolongée à avaler entier avec un verre d'eau, de préférence le soir, en dehors des repas ou avec un repas léger (pas de repas copieux juste avant, qui pourrait augmenter l'absorption).
Éviter la prise avec un repas riche en graisses, qui augmente significativement l'absorption du principe actif ; prendre de préférence le soir avec un repas léger ou à distance des repas.
Ne jamais écraser, croquer ou couper le comprimé à libération prolongée : cela détruirait le mécanisme de libération progressive et exposerait à un pic de concentration dangereux.
Non applicable (comprimé à libération prolongée, à avaler entier).
Ne jamais arrêter le traitement brutalement sans avis médical. Se lever progressivement en cas de sensation de vertige, en particulier en début de traitement (risque d'hypotension orthostatique).
Traitement au long cours de la schizophrénie et du trouble bipolaire, souvent poursuivi plusieurs années voire à vie en prévention des récidives ; toute décision d'arrêt doit être progressive et discutée avec le psychiatre.
Prendre la dose oubliée dès que possible le soir même ; si l'oubli n'est constaté que le lendemain, ne pas doubler la dose et reprendre simplement la prise unique habituelle du soir suivant.
Somnolence profonde, sédation, tachycardie, hypotension, troubles de l'élocution, dans les formes sévères : coma, allongement du QT, convulsions, dépression respiratoire.
Contacter immédiatement le SAMU (15) ou un centre antipoison ; surveillance cardiaque (ECG) et respiratoire en milieu hospitalier, pas d'antidote spécifique, traitement symptomatique.
Surveiller le poids, la glycémie et le bilan lipidique avant traitement puis régulièrement pendant le suivi, en raison du risque métabolique significatif (prise de poids, diabète, dyslipidémie). Réaliser un ECG en cas de facteurs de risque cardiovasculaire ou d'association à d'autres médicaments allongeant le QT. Surveiller l'apparition de signes de syndrome malin des neuroleptiques (fièvre élevée, rigidité musculaire, confusion). Prudence particulière chez le patient âgé dément, en raison d'une surmortalité et d'un risque accru d'AVC documentés dans cette population avec les antipsychotiques.
Éviter un repas riche en graisses juste avant la prise, qui augmente significativement l'absorption ; le jus de pamplemousse peut également augmenter l'exposition à la quétiapine et doit être évité ou limité.
Les antipsychotiques atypiques, dont la quétiapine, exposent en fin de grossesse à un risque de syndrome extrapyramidal transitoire et de troubles digestifs (difficultés à s'alimenter) chez le nouveau-né en cas d'exposition au 3ème trimestre, nécessitant une surveillance néonatale rapprochée. Le CRAT rappelle que la décompensation psychiatrique maternelle non traitée constitue elle-même un risque important : la poursuite du traitement pendant la grossesse doit être discutée avec le psychiatre au cas par cas, sans arrêt brutal.
La quétiapine passe dans le lait maternel en faible quantité. Le CRAT considère qu'un traitement peut être poursuivi pendant l'allaitement si nécessaire, sous surveillance du nourrisson (sédation, prise de poids, tonus), en concertation avec le psychiatre.
Indiqué à partir de 10 ans dans les épisodes maniaques bipolaires et à partir de 13 ans dans la schizophrénie, avec titration prudente et surveillance métabolique renforcée (poids, glycémie) compte tenu du risque accru chez le sujet jeune.
Débuter à dose plus faible avec titration lente ; risque accru d'hypotension orthostatique, de sédation et de chutes. Surmortalité et risque accru d'AVC documentés chez le patient âgé dément : usage à éviter dans ce contexte sauf situation exceptionnelle encadrée.
Aucun ajustement de dose spécifique n'est généralement nécessaire en cas d'insuffisance rénale, la quétiapine étant principalement métabolisée par le foie ; prudence clinique recommandée en cas d'insuffisance rénale sévère associée à d'autres comorbidités.
| Sévérité | Recommandation |
|---|---|
| Toute insuffisance hépatique | Débuter à une dose plus faible (50 mg/jour) avec une titration plus lente qu'en population générale, en raison d'une clairance réduite du médicament ; surveillance clinique et biologique rapprochée |
Formellement déconseillé de conduire ou d'utiliser des machines, en particulier en début de traitement et lors de toute augmentation de dose, en raison de la somnolence très fréquente et parfois marquée.
Fortement déconseillé : majoration importante de la sédation et du risque d'hypotension.
Effet sédatif perceptible dès la première prise
Effet antipsychotique/thymorégulateur complet généralement obtenu après plusieurs semaines de traitement continu à dose d'entretien
Forme à libération prolongée permettant une couverture sur 24 heures avec une seule prise quotidienne
À conserver à température ambiante, à l'abri de l'humidité, dans l'emballage d'origine.
Quétiapine (sous forme de fumarate de quétiapine) 150 mg par comprimé à libération prolongée
Hypromellose (matrice à libération prolongée), lactose monohydraté, povidone, stéarate de magnésium, pelliculage (hypromellose, macrogol, dioxyde de titane).
Antipsychotique atypique multi-récepteurs, classe des dibenzothiazépines. Équivalents au Maroc : quétiapine générique (formes à libération immédiate et prolongée), autres antipsychotiques atypiques (olanzapine, rispéridone).
Consultez en urgence en cas de fièvre élevée avec raideur musculaire, de somnolence extrême, de palpitations ou de malaise, ou signalez à votre médecin toute prise de poids importante ou tout signe évocateur de diabète (soif intense, urines abondantes).
| Prescription | Sur ordonnance, antipsychotique LP, une prise le soir, ne jamais écraser |
|---|---|
| Grossesse | Décision au cas par cas, surveillance néonatale si 3e trimestre |
| Allaitement | Possible sous surveillance du nourrisson |
| Conduite | Déconseillée (somnolence fréquente) |
| Alcool | Fortement déconseillé |
| Enfant | Dès 10 ans (manie bipolaire) ou 13 ans (schizophrénie) |
| Temps d'action | Sédation immédiate, effet complet en plusieurs semaines |
| Prix Maroc | PPV : 135,50 DH |
Dernière vérification : 10/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.