La lamotrigine est un antiépileptique qui bloque les canaux sodiques voltage-dépendants au niveau des neurones, stabilisant les membranes neuronales hyperexcitables et empêchant la propagation anormale de l'activité électrique responsable des crises épileptiques. Elle module également la libération de certains neurotransmetteurs excitateurs comme le glutamate. Dans le trouble bipolaire, son mécanisme d'action thymorégulateur exact reste moins bien élucidé, mais elle est particulièrement efficace dans la prévention des épisodes dépressifs, contrairement à d'autres thymorégulateurs plus efficaces sur la prévention des épisodes maniaques.
Épilepsie en monothérapie : dose initiale de 25 mg/jour pendant 2 semaines, puis 50 mg/jour pendant 2 semaines, puis augmentation par paliers de 50 à 100 mg toutes les 1 à 2 semaines jusqu'à une dose d'entretien de 100 à 200 mg/jour en 1 à 2 prises. En association au valproate, la titration est encore plus lente et les doses plus faibles, le valproate ralentissant fortement l'élimination de la lamotrigine.
À partir de 2 ans, dose initiale très faible adaptée au poids (généralement 0,3 à 0,6 mg/kg/jour selon le traitement associé), avec une titration extrêmement progressive sur plusieurs semaines, sous stricte surveillance neuropédiatrique.
Personne âgée : titration identique à l'adulte mais avec une surveillance clinique renforcée, la clairance pouvant être diminuée.
Le schéma de titration DOIT être scrupuleusement respecté, ne jamais l'accélérer même en cas d'impatience du patient ou du prescripteur, le risque de réaction cutanée grave étant directement lié à la vitesse d'augmentation de la dose.
Voie orale, comprimé dispersible à avaler entier avec un verre d'eau, à dissoudre dans un peu d'eau avant la prise si besoin (notamment chez l'enfant), en 1 à 2 prises par jour selon la dose totale.
Peut être pris avec ou sans nourriture, sans influence significative sur l'absorption.
Le comprimé est dispersible et peut être dissous dans un peu d'eau, pratique pour l'enfant ou en cas de difficulté de déglutition.
Non applicable (comprimé dispersible, pas de gélule).
Respecter impérativement le calendrier de titration fourni par le médecin, généralement sur une fiche de suivi dédiée. Ne jamais arrêter ou modifier la dose sans avis médical. Signaler immédiatement toute éruption cutanée, en particulier dans les 8 premières semaines de traitement.
Traitement au long cours de l'épilepsie ou du trouble bipolaire, poursuivi tant que le contrôle de la maladie le justifie ; toute décision d'arrêt doit se faire progressivement sur plusieurs semaines, sous stricte surveillance médicale.
Prendre la dose oubliée dès que possible si moins de la moitié de l'intervalle habituel entre 2 prises s'est écoulée ; sinon, sauter la dose oubliée et reprendre le schéma normal. En cas d'interruption du traitement de plus de 5 jours, ne jamais reprendre à la dernière dose atteinte : contacter le médecin pour recommencer la titration depuis le début, le risque de réaction cutanée grave étant réactivé après une interruption prolongée.
Nystagmus, ataxie, troubles de la conscience, convulsions, allongement du QRS et troubles de la conduction cardiaque dans les formes sévères, coma.
Contacter immédiatement le SAMU (15) ou un centre antipoison ; prise en charge symptomatique hospitalière, surveillance cardiaque, pas d'antidote spécifique.
Respecter impérativement le schéma de titration lente et progressive, en particulier en association au valproate (risque cutané majoré). Informer systématiquement le patient et son entourage du risque de réaction cutanée grave et de la conduite à tenir (arrêt immédiat et consultation en urgence) en cas d'éruption, de fièvre, d'adénopathies ou d'atteinte des muqueuses, en particulier dans les 8 premières semaines de traitement. En cas d'interruption du traitement, reprendre la titration depuis le début si l'arrêt a duré plus de 5 jours. Surveiller l'apparition d'idées suicidaires, effet de classe des antiépileptiques et thymorégulateurs.
Aucune interaction alimentaire significative connue.
La lamotrigine fait partie des antiépileptiques les mieux documentés pendant la grossesse selon le CRAT, avec des données de cohortes globalement rassurantes concernant le risque malformatif, comparativement à d'autres antiépileptiques comme le valproate. Le CRAT recommande de ne jamais arrêter un traitement antiépileptique efficace pendant la grossesse sans concertation neurologique préalable. Une surveillance rapprochée des concentrations plasmatiques est recommandée pendant la grossesse, celles-ci pouvant chuter significativement du fait de modifications physiologiques, exposant à un risque de perte de contrôle des crises ou de rechute de l'épisode thymique nécessitant une adaptation de dose.
La lamotrigine passe dans le lait maternel en quantité relativement importante par rapport à d'autres antiépileptiques. Le CRAT considère néanmoins l'allaitement possible sous surveillance rapprochée du nourrisson (éruption cutanée, sédation, prise de poids), la lamotrigine étant l'un des antiépileptiques les mieux documentés dans ce contexte.
Indiqué dans l'épilepsie dès 2 ans, à dose adaptée au poids et titration extrêmement progressive, sous stricte surveillance neuropédiatrique, le risque de réaction cutanée grave étant plus élevé chez l'enfant que chez l'adulte.
Même schéma de titration que l'adulte, avec surveillance clinique renforcée, la clairance pouvant être diminuée dans cette population.
| Fonction rénale | Recommandation |
|---|---|
| Légère à modérée | Titration standard, surveillance clinique |
| Sévère ou dialyse | Réduire la dose d'entretien, titration encore plus prudente, sous surveillance néphrologique et neurologique rapprochée |
| Sévérité (Child-Pugh) | Recommandation |
|---|---|
| Légère (A) | Titration et dose d'entretien standard |
| Modérée (B) | Réduire la dose de titration et d'entretien d'environ 25 % |
| Sévère (C) | Réduire la dose de titration et d'entretien d'environ 50 %, surveillance rapprochée |
Prudence recommandée pour la conduite de véhicules ou l'utilisation de machines, en particulier en début de traitement ou lors d'augmentation de dose, en raison des vertiges, de la diplopie et de la somnolence possibles.
Déconseillé : l'alcool majore la sédation et les troubles de la coordination associés au traitement.
Effet antiépileptique/thymorégulateur progressif tout au long de la phase de titration (plusieurs semaines à mois)
Effet stabilisé une fois la dose d'entretien atteinte et maintenue
Demi-vie d'environ 24 à 35 heures en monothérapie (variable selon les traitements associés), justifiant 1 à 2 prises par jour
À conserver à température ambiante, à l'abri de l'humidité, dans l'emballage d'origine.
Lamotrigine 25 mg par comprimé dispersible
Lactose monohydraté, povidone, crospovidone, stéarate de magnésium, saccharine sodique, arôme.
Antiépileptique/thymorégulateur bloquant les canaux sodiques. Équivalents au Maroc : lamotrigine générique (plusieurs laboratoires), Lamictal (référence).
Consultez en urgence en cas d'éruption cutanée, surtout dans les 8 premières semaines de traitement, de fièvre associée à des ganglions ou des lésions des muqueuses, d'idées suicidaires, ou de reprise/aggravation des crises.
| Prescription | Sur ordonnance, antiépileptique/thymorégulateur, titration lente obligatoire |
|---|---|
| Grossesse | Ne jamais arrêter sans avis, bien documenté, surveillance des concentrations |
| Allaitement | Possible sous surveillance rapprochée du nourrisson |
| Conduite | Prudence, surtout en début de traitement |
| Alcool | Déconseillé |
| Enfant | Dès 2 ans, titration très progressive |
| Temps d'action | Effet progressif sur plusieurs semaines de titration |
| Prix Maroc | PPV : 73,00 DH |
Dernière vérification : 12/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.