La morphine est l'analgésique opioïde de référence, agoniste des récepteurs opioïdes (principalement mu) situés dans le système nerveux central, qui module la perception de la douleur en bloquant la transmission des signaux douloureux et en modifiant leur perception émotionnelle. C'est un antalgique de palier III (fort) selon la classification de l'OMS, réservé aux douleurs intenses non soulagées par les antalgiques plus faibles. Cette forme à libération prolongée (comprimé enrobé LP) délivre la morphine progressivement sur environ 12 heures, permettant un contrôle stable et continu de la douleur chronique avec seulement 2 prises par jour, à distinguer des formes à libération immédiate utilisées pour les douleurs aiguës ou les accès douloureux paroxystiques (interdoses).
Dose strictement individualisée selon l'intensité de la douleur et la réponse au traitement, débutée généralement à dose faible puis titrée progressivement par le médecin, ce dosage de 10 mg toutes les 12 heures (matin et soir) correspondant souvent à une dose initiale chez un patient naïf d'opioïdes forts.
Utilisable chez l'enfant dans les douleurs sévères (notamment cancéreuses), à dose calculée selon le poids, sous stricte surveillance pédiatrique spécialisée en soins palliatifs ou algologie.
Personne âgée : dose initiale réduite, titration prudente et progressive, en raison d'une sensibilité accrue au risque de dépression respiratoire et de confusion.
La dose doit être individuellement titrée par le médecin ; ne jamais modifier la dose de sa propre initiative. Un traitement laxatif préventif est systématiquement associé en raison de la constipation quasi constante.
Voie orale, comprimé à avaler ENTIER avec un verre d'eau, sans le croquer, l'écraser ni le dissoudre, généralement 2 fois par jour à horaires réguliers (toutes les 12 heures).
Peut être pris avec ou sans nourriture.
NE JAMAIS écraser, croquer, couper ou dissoudre ce comprimé à libération prolongée : cela libérerait instantanément toute la dose de morphine, exposant à un surdosage potentiellement mortel par dépression respiratoire.
NE JAMAIS ouvrir ce comprimé.
Prendre à heures régulières, toutes les 12 heures. Ne jamais arrêter brutalement un traitement prolongé (syndrome de sevrage). Prévenir la constipation dès le début du traitement avec le laxatif prescrit.
Traitement de la douleur chronique sévère, dont la durée est adaptée à l'évolution de la pathologie sous-jacente, réévalué régulièrement par le médecin ; l'arrêt, s'il est envisagé, doit être progressif et encadré.
Prendre la dose oubliée dès que possible si l'oubli est récent ; en cas de doute proche de la prise suivante, contacter le médecin ou le pharmacien plutôt que de prendre une double dose.
Dépression respiratoire (respiration lente et superficielle), somnolence extrême voire coma, myosis (pupilles très resserrées), hypotension, bradycardie.
URGENCE VITALE : appeler immédiatement les secours (SAMU 15) en cas de suspicion de surdosage. Un antidote spécifique (naloxone) existe et doit être administré en urgence par les secours.
Titration progressive individuelle sous supervision médicale. Traitement laxatif préventif systématique dès le début du traitement (constipation quasi constante). Prudence en cas d'insuffisance respiratoire, hépatique ou rénale. Ne jamais arrêter brutalement un traitement prolongé. Éducation du patient sur les signes de surdosage et la conduite à tenir. Conservation sécurisée hors de portée d'autrui (risque de détournement, substance stupéfiante).
Sans objet particulier ; l'alcool est formellement déconseillé (voir rubrique alcool).
L'utilisation de la morphine pendant la grossesse est possible si nécessaire pour une douleur sévère, sous stricte surveillance spécialisée ; une utilisation prolongée en fin de grossesse expose le nouveau-né à un syndrome de sevrage néonatal (irritabilité, troubles digestifs, troubles du tonus) nécessitant une surveillance et une prise en charge adaptée à la naissance. Se référer au CRAT et à l'avis spécialisé.
Déconseillé pendant l'allaitement en cas de traitement prolongé, la morphine passant dans le lait maternel et exposant le nourrisson à un risque de sédation et de dépression respiratoire ; une utilisation ponctuelle à faible dose peut être envisagée sur avis spécialisé avec surveillance étroite du nourrisson.
Utilisable chez l'enfant dans les douleurs sévères (notamment cancéreuses), à dose calculée selon le poids, sous stricte surveillance pédiatrique spécialisée en soins palliatifs ou algologie.
Dose initiale réduite, titration prudente et progressive, en raison d'une sensibilité accrue au risque de dépression respiratoire et de confusion.
Prudence et réduction de dose en cas d'insuffisance rénale, les métabolites de la morphine pouvant s'accumuler et majorer le risque de toxicité, notamment respiratoire ; surveillance renforcée.
Contre-indiqué en cas d'insuffisance hépatocellulaire sévère ; prudence et réduction de dose en cas d'atteinte légère à modérée.
FORMELLEMENT DÉCONSEILLÉ de conduire ou d'utiliser des machines en début de traitement ou après changement de dose, en raison de la somnolence et des troubles de la vigilance ; l'aptitude à conduire doit être réévaluée individuellement une fois le traitement stabilisé, selon la réglementation en vigueur pour les traitements opioïdes.
FORMELLEMENT DÉCONSEILLÉ, voire contre-indiqué selon le contexte : majoration importante et dangereuse de la sédation et du risque de dépression respiratoire.
Début d'action progressif, en 2 à 4 heures avec cette forme à libération prolongée
Concentration stable atteinte après 2 à 3 prises consécutives (environ 24 à 36 heures)
Durée d'action d'environ 12 heures, justifiant une prise biquotidienne à heures régulières
À conserver à température ambiante, à l'abri de l'humidité, dans un lieu sécurisé et hors de portée des enfants et de toute personne non concernée par le traitement (substance stupéfiante).
Sulfate de morphine 10 mg par comprimé enrobé à libération prolongée
Excipients variables selon le fabricant (voir notice) : matrice à libération prolongée, povidone, stéarate de magnésium, pelliculage.
Analgésique opioïde fort (palier III OMS), forme à libération prolongée. Équivalent au Maroc au même DCI : Moscontin (morphine LP), Skenan (morphine LP, autre marque), autres opioïdes forts (oxycodone, fentanyl) selon le contexte et disponibilité.
Consultez en URGENCE (ou appelez le SAMU) en cas de respiration très lente ou superficielle, de somnolence extrême difficile à réveiller, de confusion sévère, ou de pupilles très resserrées. Ne jamais modifier ce traitement sans avis médical.
| Prescription | Stupéfiant, prescription sécurisée, opioïde fort à libération prolongée |
|---|---|
| Grossesse | Possible si nécessaire, surveillance sevrage néonatal (avis spécialisé) |
| Allaitement | Déconseillé en traitement prolongé |
| Conduite | Formellement déconseillée en début de traitement |
| Alcool | Formellement déconseillé |
| Enfant | Utilisable, douleurs sévères, dose selon le poids |
| Temps d'action | Action progressive, durée 12h |
| Prix Maroc | PPV : 41,70 DH |
Dernière vérification : 15/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.