Le valproate (acide valproïque) est un antiépileptique dont le mécanisme d'action est multiple : il augmente la concentration cérébrale de GABA, principal neurotransmetteur inhibiteur, et module également les canaux sodiques et calciques neuronaux. Cette action large explique son efficacité dans de nombreuses formes d'épilepsie (généralisée et partielle), mais également son profil de toxicité particulier pendant la grossesse : le valproate interfère avec le développement embryonnaire précoce du tube neural et avec la maturation cérébrale fœtale tout au long de la grossesse, expliquant à la fois le risque malformatif (fermeture du tube neural notamment) et le risque de troubles neurodéveloppementaux à long terme chez l'enfant exposé in utero, même en l'absence de malformation visible à la naissance.
Dose initiale de 10 à 15 mg/kg/jour, augmentée progressivement par paliers jusqu'à une dose d'entretien de 20 à 30 mg/kg/jour en 2 à 3 prises, ajustée selon la réponse clinique et les dosages plasmatiques si besoin.
20 à 30 mg/kg/jour en 2 à 3 prises, ajustée selon le poids, l'âge et la réponse clinique, sous surveillance neuropédiatrique ; l'utilisation chez la fille doit faire l'objet d'une information très précoce sur les risques en cas de grossesse future.
Personne âgée : débuter à dose plus faible avec titration prudente, en raison d'une clairance souvent diminuée et d'une sensibilité accrue à la sédation.
Chez toute patiente en âge de procréer, ce traitement ne peut être initié ou poursuivi que dans le cadre strict du programme de prévention de la grossesse (contraception efficace, accord de soins annuel, information documentée).
Voie orale, sirop à mesurer précisément à l'aide de la seringue ou du gobelet doseur fourni, en 2 à 3 prises par jour, au cours des repas pour réduire les troubles digestifs.
À prendre de préférence au cours des repas pour limiter les troubles digestifs.
Non applicable (sirop).
Non applicable.
Ne jamais arrêter ou modifier la dose brutalement sans avis neurologique. Pour toute patiente ou jeune fille sous ce traitement, une information claire et documentée sur les risques en cas de grossesse doit être délivrée dès la puberté, avec réévaluation annuelle obligatoire par un spécialiste.
Traitement au long cours de l'épilepsie, généralement poursuivi tant que le contrôle des crises le justifie, avec réévaluation annuelle obligatoire chez toute femme en âge de procréer dans le cadre du programme de prévention de la grossesse.
Prendre la dose oubliée dès que possible sauf si la prise suivante est proche ; ne jamais doubler la dose suivante pour compenser un oubli, et ne jamais interrompre le traitement sans avis médical même en cas d'oubli répété, qui doit être signalé au neurologue.
Somnolence profonde, confusion, coma dans les formes sévères, troubles de la conduction cardiaque, hypotension, dépression respiratoire, hyperammoniémie.
Contacter immédiatement le SAMU (15) ou un centre antipoison ; prise en charge symptomatique hospitalière, la naloxone ayant montré un intérêt partiel dans certaines études, l'hémodialyse pouvant être envisagée dans les formes très sévères.
Chez toute patiente en âge de procréer : ne débuter ce traitement qu'en dernier recours après échec ou intolérance documentée de toutes les alternatives thérapeutiques, sous contraception efficace obligatoire, avec information complète et documentée (brochure patiente, accord de soins signé annuellement, réévaluation par un spécialiste au moins une fois par an). Surveiller la fonction hépatique et la numération plaquettaire avant traitement et régulièrement pendant les 6 premiers mois. Signaler tout projet de grossesse suffisamment à l'avance pour organiser un relais thérapeutique avant la conception.
À prendre au cours des repas pour limiter les troubles digestifs ; l'alcool doit être évité en raison de la toxicité hépatique additive.
CONTRE-INDICATION QUASI-ABSOLUE : le valproate est associé à un risque de malformations congénitales majeures pouvant atteindre 10 % des grossesses exposées (spina bifida, malformations cardiaques, faciales, des membres) et à un risque de troubles neurodéveloppementaux (autisme, retard intellectuel, troubles du langage) pouvant toucher 30 à 40 % des enfants exposés in utero, même en l'absence de malformation visible. Selon le CRAT et l'ANSM, ce traitement est formellement contre-indiqué chez la femme enceinte, sauf en l'absence absolue d'alternative efficace dans l'épilepsie (jamais dans le trouble bipolaire chez la femme en âge de procréer). Toute femme sous valproate doit bénéficier d'une contraception efficace, d'une information annuelle documentée, et ne doit JAMAIS arrêter le traitement brutalement de sa propre initiative en cas de grossesse découverte, un arrêt brutal exposant à un risque vital de crise convulsive : contacter en urgence le neurologue pour organiser une réévaluation immédiate.
Le valproate passe en faible quantité dans le lait maternel. Le CRAT considère que, chez une patiente pour laquelle le traitement a été maintenu pendant la grossesse (situation exceptionnelle après échec de toutes les alternatives), l'allaitement reste généralement possible sous surveillance du nourrisson, le passage lacté étant nettement moindre que le passage placentaire déjà survenu pendant la grossesse.
Utilisable dans l'épilepsie de l'enfant selon les mêmes principes que l'adulte, à dose adaptée au poids. Chez la fille, une information très précoce sur les risques en cas de future grossesse doit être délivrée dès l'adolescence, avec anticipation d'un éventuel relais thérapeutique avant l'âge de procréer si possible.
Débuter à dose plus faible avec titration prudente, en raison d'une clairance souvent diminuée et d'une sensibilité accrue à la sédation et aux troubles cognitifs.
Aucun ajustement de dose formel n'est généralement nécessaire en cas d'insuffisance rénale, le valproate étant principalement métabolisé par le foie ; prudence et surveillance clinique renforcée en cas d'atteinte sévère.
| Sévérité | Recommandation |
|---|---|
| Toute atteinte hépatique, même légère | Contre-indication formelle ou extrême prudence avec surveillance biologique très rapprochée, le valproate étant lui-même potentiellement hépatotoxique |
Prudence recommandée, en particulier en début de traitement ou lors d'augmentation de dose, en raison de la somnolence et des tremblements possibles ; réévaluer avec le neurologue une fois la dose stabilisée.
Déconseillé : majore le risque de toxicité hépatique et la sédation.
Effet antiépileptique progressif au cours de la phase de titration
Concentration plasmatique maximale en 1 à 4 heures après la prise
Demi-vie d'environ 9 à 16 heures, justifiant 2 à 3 prises par jour
À conserver à température ambiante, à l'abri de la lumière, ne pas congeler.
Valproate de sodium 200 mg/mL de sirop
Saccharose ou édulcorant, arôme, conservateurs, selon la formulation du fabricant (se référer à la notice en cas de diabète).
Antiépileptique dérivé de l'acide valproïque. Équivalents au Maroc : valproate de sodium générique, Depakine (formes comprimés, gouttes selon disponibilité).
Consultez en urgence votre neurologue en cas de découverte de grossesse, de projet de grossesse, avant tout arrêt du traitement, ou en cas de fatigue intense, jaunisse, douleur abdominale importante ou saignements inhabituels.
| Prescription | Prescription neurologique, programme de prévention de la grossesse obligatoire |
|---|---|
| Grossesse | CONTRE-INDIQUÉ sauf absence totale d\'alternative, ne jamais arrêter sans avis |
| Allaitement | Généralement possible si maintenu pendant la grossesse |
| Conduite | Prudence en début de traitement |
| Alcool | Déconseillé |
| Enfant | Utilisable, information précoce des filles sur les risques futurs |
| Temps d'action | Effet progressif, demi-vie 9-16h |
| Prix Maroc | PPV : 47,50 DH |
Dernière vérification : 12/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.