La doxorubicine est un agent cytotoxique de la famille des anthracyclines, l'une des classes de chimiothérapie les plus largement utilisées et les plus efficaces en oncologie, qui agit par plusieurs mécanismes : elle s'intercale dans l'ADN des cellules cancéreuses, bloque une enzyme essentielle à sa réplication (topo-isomérase II), et génère des radicaux libres toxiques pour la cellule. Cette efficacité s'accompagne d'une toxicité cardiaque caractéristique et cumulative : chaque dose administrée s'ajoute aux précédentes dans un total cumulé à vie, au-delà duquel le risque d'insuffisance cardiaque devient significativement plus élevé, ce qui impose une évaluation systématique de la fonction cardiaque (échographie) avant chaque cure et un plafond de dose totale à ne jamais dépasser sur l'ensemble de la vie du patient.
Dose calculée selon la surface corporelle (généralement 60 à 75 mg/m² par cycle selon le protocole), en perfusion ou injection intraveineuse selon le protocole précis, répétée toutes les 3 semaines, avec un plafond de dose cumulée totale à vie à ne jamais dépasser (généralement de l'ordre de 450-550 mg/m² selon les facteurs de risque cardiaque individuels).
Utilisable en oncologie pédiatrique spécialisée avec un plafond de dose cumulée adapté, sous protocole dédié et surveillance cardiaque à très long terme (y compris à l'âge adulte).
Personne âgée : surveillance cardiaque renforcée, le risque de cardiotoxicité étant majoré à cet âge.
Le plafond de dose cumulée à vie doit être scrupuleusement respecté et documenté dans le dossier médical du patient pour toute future chimiothérapie.
Injection ou perfusion intraveineuse stricte (jamais intramusculaire ni sous-cutanée), réalisée exclusivement en milieu hospitalier spécialisé par du personnel formé, avec vérification impérative du bon positionnement de la voie veineuse avant et pendant l'administration.
Sans rapport direct, mais une alimentation adaptée est recommandée pour limiter l'impact des nausées.
Non applicable (injectable).
Non applicable, préparation réalisée en unité de reconstitution des cytotoxiques.
Signaler immédiatement toute douleur, brûlure ou gonflement au point d'injection pendant l'administration (risque d'extravasation, urgence nécessitant l'arrêt immédiat).
Selon le protocole défini par l'oncologue, généralement plusieurs cycles répétés toutes les 3 semaines, dans la limite stricte du plafond de dose cumulée à vie.
Sans objet : traitement administré selon un calendrier précis établi par l'équipe d'oncologie.
Majoration sévère de la toxicité hématologique, digestive et cardiaque (insuffisance cardiaque aiguë).
Prise en charge hospitalière immédiate en cas de surdosage suspecté.
Évaluation de la fonction cardiaque (échographie, fraction d'éjection) systématique avant traitement puis avant chaque cure ultérieure. Suivi rigoureux et cumulatif de la dose totale administrée à vie. Vérification impérative de la voie veineuse avant chaque administration (extravasation = urgence, la doxorubicine étant vésicante et provoquant une nécrose tissulaire sévère en cas de fuite hors de la veine). Surveillance systématique de la numération sanguine avant chaque cycle.
Pas d'interaction alimentaire spécifique notable.
CONTRE-INDIQUÉ pendant la grossesse : agent cytotoxique génotoxique avec risque tératogène et fœtotoxique majeur démontré. Contraception efficace obligatoire pendant le traitement et plusieurs mois après.
CONTRE-INDIQUÉ pendant l'allaitement.
Utilisable en oncologie pédiatrique spécialisée avec un plafond de dose cumulée adapté, sous protocole dédié.
Surveillance cardiaque renforcée, le risque de cardiotoxicité étant majoré à cet âge.
Aucun ajustement de dose systématique n'est généralement nécessaire en cas d'insuffisance rénale, la doxorubicine étant principalement métabolisée par le foie.
| Sévérité (bilirubine) | Recommandation |
|---|---|
| Bilirubine < 1,2 mg/dL | Posologie usuelle |
| Bilirubine 1,2-3 mg/dL | Réduction de dose de 50% |
| Bilirubine > 3 mg/dL | Réduction de dose de 75% ou contre-indiqué selon la sévérité |
Déconseillé pendant et après l'administration en cas de fatigue importante.
À éviter pendant le traitement, majoration possible de la toxicité digestive et hépatique.
Action cytotoxique dès l'administration
Nadir hématologique généralement observé 10 à 14 jours après l'administration
Effet cumulatif sur plusieurs cycles, réévaluation régulière de la réponse tumorale et de la fonction cardiaque
À conserver à température ambiante, à l'abri de la lumière, manipulation réservée au personnel hospitalier formé (produit cytotoxique vésicant).
Doxorubicine (chlorhydrate) 50 mg, lyophilisat pour solution injectable
Lactose, acide chlorhydrique (ajustement du pH).
Agent cytotoxique anticancéreux, anthracycline. Équivalent au Maroc au même DCI : Adriblastine (référence), autres génériques de doxorubicine selon disponibilité.
URGENCE en cas de douleur, brûlure ou gonflement au site de perfusion pendant l'administration. Consultez en cas d'essoufflement, de gonflement des jambes, ou de palpitations entre les cures. Consultez en cas de fièvre pendant une période de neutropénie.
| Prescription | Usage hospitalier oncologique exclusif, chimiothérapie cytotoxique (anthracycline), dose cumulée à vie plafonnée |
|---|---|
| Grossesse | CONTRE-INDIQUÉ |
| Allaitement | CONTRE-INDIQUÉ |
| Conduite | Déconseillé (fatigue importante) |
| Alcool | À éviter |
| Enfant | Utilisable, protocole pédiatrique dédié avec plafond adapté |
| Temps d'action | Nadir hématologique à J10-14 |
| Prix Maroc | PPV : 407,00 DH |
Dernière vérification : 15/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.