Le phénobarbital est un barbiturique qui potentialise l'action du GABA, le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau, en prolongeant l'ouverture de ses canaux chlorure au niveau des neurones. Cette action renforce l'inhibition de l'activité électrique cérébrale, ce qui élève le seuil de déclenchement des crises épileptiques et stabilise l'activité neuronale excessive responsable des convulsions. Son usage a beaucoup diminué au profit d'antiépileptiques plus récents et mieux tolérés, en raison de son important potentiel de dépendance et de ses nombreux effets indésirables et interactions.
Dose habituelle de 2 à 3 mg/kg/jour, généralement 100 à 200 mg par jour en une prise le soir, adaptée selon la réponse clinique et les dosages sanguins du médicament (concentrations plasmatiques), toujours instaurée et modifiée progressivement.
Dose adaptée au poids sur prescription pédiatrique spécialisée, généralement 3 à 8 mg/kg/jour selon l'âge, avec surveillance particulière du comportement et des apprentissages (risque d'agitation paradoxale et de troubles cognitifs chez l'enfant).
Chez la personne âgée, dose réduite recommandée en raison d'une sensibilité accrue à la sédation et d'un risque de confusion et de chutes.
Le dosage sanguin du phénobarbital (concentration plasmatique) est souvent utilisé pour ajuster précisément la dose et vérifier l'observance, la fenêtre thérapeutique étant étroite.
Par voie orale, comprimé à avaler avec un verre d'eau, généralement en une prise le soir en raison de l'effet sédatif.
Peut être pris indépendamment des repas.
Peut être écrasé en cas de difficulté de déglutition après avis du pharmacien.
Sans objet pour le comprimé classique.
Ne jamais arrêter ou modifier la dose sans avis médical ; éviter absolument l'alcool ; signaler toute somnolence excessive, changement de comportement (notamment chez l'enfant), ou éruption cutanée.
Traitement au long cours de l'épilepsie, la durée dépendant du contrôle des crises et de la stratégie thérapeutique définie par le neurologue ; toute modification ou arrêt se fait toujours de façon très progressive sur plusieurs semaines à mois.
Prendre la dose oubliée dès que possible ; si proche de la prise suivante, sauter la dose oubliée sans la doubler, et contacter le médecin en cas de doute compte tenu du risque de déséquilibre de l'épilepsie.
Somnolence profonde évoluant vers le coma, dépression respiratoire sévère, hypotension, hypothermie, troubles de la coordination, dans les cas graves arrêt respiratoire.
Appeler immédiatement les urgences ou un centre antipoison ; il s'agit d'une urgence vitale nécessitant une prise en charge hospitalière en réanimation, sans antidote spécifique disponible (traitement symptomatique et de soutien des fonctions vitales).
Risque de dépendance physique et psychique justifiant une surveillance rapprochée, notamment en cas d'antécédent d'addiction ; risque de syndrome de sevrage sévère (incluant des convulsions) en cas d'arrêt brutal, imposant une décroissance très progressive ; nombreuses interactions médicamenteuses du fait de son puissant effet inducteur enzymatique ; surveillance des concentrations sanguines recommandée ; vigilance particulière chez l'enfant sur le comportement et les apprentissages scolaires.
L'alcool est formellement interdit pendant tout le traitement en raison du risque de dépression respiratoire sévère.
À éviter, sauf nécessité absolue de contrôler l'épilepsie maternelle, une crise convulsive mal contrôlée présentant elle-même un risque important pour la mère et le fœtus. Le phénobarbital est tératogène, avec un risque accru de malformations (notamment fentes labio-palatines, malformations cardiaques) en cas d'exposition au premier trimestre, ainsi qu'un risque de syndrome de sevrage néonatal et de trouble de la coagulation néonatale (nécessitant une supplémentation en vitamine K en fin de grossesse). Le CRAT recommande, chaque fois que possible, de privilégier un autre antiépileptique mieux documenté et moins à risque avant une grossesse planifiée, en concertation étroite avec le neurologue ; un arrêt brutal est cependant dangereux et ne doit jamais être décidé sans avis spécialisé.
Le phénobarbital passe dans le lait maternel et peut provoquer une sédation importante chez le nourrisson (somnolence, difficultés de succion) ; le CRAT recommande une surveillance clinique rapprochée du bébé en cas d'allaitement sous phénobarbital, la décision étant prise au cas par cas avec le neurologue et le pédiatre, un allaitement pouvant être déconseillé selon la dose et la sensibilité du nourrisson.
Utilisation possible sur prescription pédiatrique spécialisée, avec surveillance particulière des effets sur le comportement (agitation paradoxale fréquente chez l'enfant) et sur les apprentissages scolaires, qui peuvent être affectés par ce traitement.
Sensibilité accrue à la sédation, à la confusion et au risque de chute ; dose réduite recommandée avec surveillance rapprochée, ce traitement étant généralement évité au profit d'antiépileptiques mieux tolérés chez le sujet âgé lorsque cela est possible.
Prudence en cas d'insuffisance rénale sévère, l'élimination du phénobarbital pouvant être ralentie ; surveillance des concentrations plasmatiques recommandée pour ajuster la dose sur avis spécialisé.
| Sévérité | Adaptation recommandée |
|---|---|
| Légère à modérée | Prudence, surveillance rapprochée des concentrations plasmatiques |
| Sévère | Prudence accrue, métabolisme fortement ralenti, risque d'accumulation, dose à adapter précisément sur avis spécialisé |
Fortement déconseillée, en particulier en début de traitement ou en cas de dose élevée : la somnolence, les troubles de la coordination et les troubles cognitifs altèrent significativement l'aptitude à conduire des véhicules ou à utiliser des machines.
Formellement interdit : l'alcool potentialise très fortement la sédation et le risque de dépression respiratoire, pouvant être mortel en association.
Effet antiépileptique s'installant progressivement sur plusieurs jours à semaines, le temps d'atteindre des concentrations sanguines stables et efficaces
Concentration plasmatique maximale environ 8 à 12 heures après la prise orale
Demi-vie très longue, de 2 à 6 jours selon les individus, permettant une prise unique quotidienne mais rendant l'ajustement de dose lent et progressif
À conserver à température ambiante, à l'abri de l'humidité et de la lumière, dans l'emballage d'origine, hors de portée des enfants (risque vital en cas d'ingestion accidentelle).
Phénobarbital 10 mg par comprimé
Lactose, amidon, stéarate de magnésium et autres excipients — voir notice complète.
Antiépileptique, barbiturique (dépresseur du système nerveux central).
Consulter en urgence en cas de somnolence extrême évoluant vers un trouble de la conscience, de difficultés respiratoires, d'éruption cutanée sévère, ou de convulsions inhabituelles ; consulter le neurologue avant toute modification du traitement et en cas de changement de comportement chez l'enfant.
| Prescription | Sur ordonnance, surveillance renforcée (dépendance) |
|---|---|
| Grossesse | À éviter sauf nécessité absolue |
| Allaitement | Surveillance rapprochée du nourrisson nécessaire |
| Conduite | Fortement déconseillée |
| Alcool | Formellement interdit |
| Enfant | Possible en spécialisé, surveillance comportement/apprentissages |
| Temps d'action | Installation progressive sur plusieurs jours à semaines |
| Prix Maroc | PPV : 36,00 DH |
Dernière vérification : 12/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.