Le clonazépam est une benzodiazépine qui potentialise l'action du GABA (acide gamma-aminobutyrique), principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central, en se fixant sur un site spécifique du récepteur GABA-A. Cela renforce l'inhibition neuronale, ce qui explique son effet anticonvulsivant puissant, utile dans certaines formes d'épilepsie, mais aussi ses effets sédatifs, myorelaxants et anxiolytiques qui expliquent le potentiel de dépendance et de mésusage de cette molécule, ayant conduit à un encadrement strict de sa prescription en France depuis 2012 (indication restreinte à l'épilepsie, prescription initiale hospitalière annuelle).
Dose initiale de 1 mg/jour le soir, augmentée très progressivement par paliers jusqu'à une dose d'entretien de 4 à 8 mg/jour en 2 à 4 prises selon la réponse et la tolérance, sans dépasser 20 mg/jour dans les formes réfractaires sous stricte surveillance neurologique.
Dose initiale très faible adaptée au poids (0,01 à 0,03 mg/kg/jour), augmentée très progressivement selon la réponse et la tolérance, sous stricte surveillance neuropédiatrique, la sédation et les troubles du comportement étant plus fréquents chez l'enfant.
Personne âgée : débuter à la dose la plus faible possible avec titration très lente, en raison d'une sensibilité accrue à la sédation, aux troubles de l'équilibre et de la mémoire.
Toute augmentation ou diminution de dose doit être progressive, par paliers, jamais brutale, en raison du risque de convulsions de sevrage.
Voie orale, comprimé quadrisécable à avaler avec un verre d'eau, en 2 à 4 prises par jour selon la dose totale, ou en une prise unique le soir pour les faibles doses.
Peut être pris avec ou sans nourriture, sans influence significative sur l'absorption.
Le comprimé est quadrisécable et peut être divisé précisément pour ajuster de très faibles doses, notamment chez l'enfant.
Non applicable (comprimé, pas de gélule).
Ne jamais arrêter ou modifier la dose brutalement sans avis médical. Ne jamais associer à l'alcool ou à d'autres sédatifs sans avis médical, en raison du risque de dépression respiratoire.
Traitement au long cours de l'épilepsie, poursuivi tant que le contrôle des crises le justifie et réévalué au minimum une fois par an par le neurologue (prescription initiale hospitalière renouvelable annuellement, conformément à la restriction ANSM) ; l'arrêt, s'il est envisagé, doit se faire de façon très progressive sur plusieurs semaines à mois.
Prendre la dose oubliée dès que possible sauf si la prise suivante est proche ; ne jamais doubler la dose suivante pour compenser un oubli, en raison du risque de somnolence excessive.
Somnolence profonde, confusion, ataxie (troubles de la coordination), dysarthrie, dans les formes sévères : dépression respiratoire, coma, particulièrement en cas d'association à d'autres dépresseurs du système nerveux central (alcool, opioïdes).
Contacter immédiatement le SAMU (15) ou un centre antipoison ; le flumazénil peut être utilisé comme antidote spécifique en milieu hospitalier en cas de dépression respiratoire sévère, sous surveillance stricte (risque de convulsions de sevrage lors de l'antagonisation chez le patient épileptique traité au long cours).
Réserver la prescription à l'épilepsie, indication seule autorisée en France depuis la restriction ANSM de 2012 (prescription initiale hospitalière annuelle obligatoire par un neurologue, neuropédiatre ou pédiatre). Ne jamais arrêter brutalement, en particulier après un traitement prolongé, en raison du risque de convulsions de sevrage. Prudence en cas d'antécédent de dépendance à l'alcool ou aux médicaments psychotropes. Surveiller les fonctions cognitives et le comportement, en particulier chez l'enfant et la personne âgée.
L'alcool doit être formellement évité pendant toute la durée du traitement, en raison du risque de dépression respiratoire.
Les benzodiazépines, dont le clonazépam, exposent en fin de grossesse à un risque de syndrome d'imprégnation (hypotonie, troubles de la succion) ou de sevrage néonatal (agitation, trémulations) en cas d'exposition proche du terme, nécessitant une surveillance néonatale rapprochée. Le CRAT rappelle que le contrôle de l'épilepsie maternelle reste prioritaire pendant la grossesse, le risque de crise convulsive non contrôlée étant lui-même dangereux pour le fœtus : ne jamais arrêter ou modifier le traitement sans concertation neurologique préalable. Un signal discuté de risque légèrement accru de fente labio-palatine a été évoqué avec les benzodiazépines au 1er trimestre, sans confirmation formelle.
Le clonazépam passe dans le lait maternel et peut provoquer une sédation, une difficulté de succion ou une prise de poids insuffisante chez le nourrisson allaité, en particulier en cas de traitement prolongé ou à dose élevée. Le CRAT recommande une surveillance rapprochée du nourrisson (sédation, tonus, prise de poids) en cas de poursuite de l'allaitement sous traitement, en concertation avec le neurologue et le pédiatre.
Indiqué dans certaines formes d'épilepsie de l'enfant, à dose adaptée au poids et titrée très progressivement, sous stricte surveillance neuropédiatrique, les troubles du comportement (agitation, agressivité) et l'hypersalivation étant plus fréquents dans cette population.
Débuter à la dose la plus faible possible avec titration très lente ; risque accru de sédation, de troubles de la mémoire, de chutes et de confusion, cette population étant particulièrement sensible aux effets des benzodiazépines.
Aucun ajustement de dose spécifique n'est formellement codifié en cas d'insuffisance rénale, le clonazépam étant principalement métabolisé par le foie ; prudence clinique générale recommandée avec surveillance de la sédation.
| Sévérité | Recommandation |
|---|---|
| Légère à modérée | Prudence, dose la plus faible possible, surveillance rapprochée de la sédation |
| Sévère | Contre-indiqué |
Formellement déconseillé de conduire ou d'utiliser des machines pendant tout le traitement, en raison de la somnolence, des troubles de la coordination et des troubles de la mémoire très fréquents avec cette molécule, y compris à dose d'entretien stable.
Formellement contre-indiqué : l'association majore de façon dangereuse la sédation et le risque de dépression respiratoire, pouvant être fatale.
Effet anticonvulsivant progressif au cours de la phase de titration (plusieurs semaines)
Concentration plasmatique maximale en 1 à 4 heures après la prise
Demi-vie longue d'environ 20 à 60 heures, justifiant 2 à 4 prises par jour selon la dose totale, avec un risque d'accumulation en cas d'usage prolongé
À conserver à température ambiante, à l'abri de l'humidité, dans l'emballage d'origine, hors de portée des enfants.
Clonazépam 2 mg par comprimé quadrisécable
Lactose monohydraté, amidon de maïs, stéarate de magnésium, silice colloïdale.
Benzodiazépine antiépileptique, prescription encadrée par restriction ANSM depuis 2012. Équivalents au Maroc : clonazépam générique selon disponibilité.
Consultez en urgence en cas de somnolence extrême, de difficultés respiratoires, de signes de sevrage à l'arrêt (convulsions, anxiété majeure), ou de comportement inhabituel chez l'enfant traité.
| Prescription | Prescription hospitalière initiale annuelle (restriction ANSM), antiépileptique benzodiazépine |
|---|---|
| Grossesse | Ne jamais arrêter sans avis, surveillance néonatale si terme proche |
| Allaitement | Possible sous surveillance rapprochée du nourrisson |
| Conduite | Formellement déconseillée |
| Alcool | Formellement contre-indiqué |
| Enfant | Utilisable, dose selon le poids, titration très lente |
| Temps d'action | Effet progressif, demi-vie longue (20-60h) |
| Prix Maroc | PPV : 19,20 DH |
Dernière vérification : 11/07/2026. En cas de doute, référez-vous à la notice du médicament.